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dimanche 25 mai 2014

Féministe voilée


Si la menace de l’arrivée de la Charte des valeurs québécoises (ou plutôt la Charte de la discrimination) a récemment réveillé un conflit inutile sur le port du voile et autre signes ostentatoires, elle a aussi réveillé le mouvement des Janettes et de plusieurs autres féministes clamant que le hijab compromet la liberté de la femme et la montre comme inférieure à l’homme. Toutefois, même s’il est vrai que certaines femmes peuvent être dominées par la religion, il reste que de nombreuses autres femmes ont choisi de porter fièrement le voile.


Alors que certaines portent le voile par obligation, vu leur propre religion, celle de leur famille ou de leur pays, d’autres ont bel et bien décidé de porter le hijab par choix. Contrairement à ce que plusieurs croient, porter le voile n’est pas à la base un signe d’obéissance aux hommes mais plutôt comme signe d’obéissance à leur créateur (il n’est pas ici question de débattre sur la croyance en une religion mais plutôt sur le port du voile). Mais cela ne s’arrête pas là, plus qu’une question d’appartenance à une religion, les femmes portent également le voile afin de signifier qu’elles ne sont pas des objets sexuels servant simplement à plaire au regard des hommes et qu`elles cherchent plutôt un prétendant sérieux qui l’appréciera pour sa personnalité et non seulement son physique. Porter le voile est pour elles un signe de modestie, qui mérite le respect et indique qu’un prétendant manquant de sérieux n’a pas intérêt à les approcher car elles recherchent plus que cela. Ce que plusieurs femmes ont pu remarquer lorsqu’elles ont commencé à porter le voile est notamment le regard des hommes qui ne les voient (normalement)  plus comme un objet agréable à la vue, ce qui les sauve de plusieurs commentaires déplacées dont peuvent être victimes d’autres femmes.



Porter des minijupes ou des décolletés peut tout autant être un signe d’oppression que le voile. Il n’est pas mieux d’être esclave du désir des hommes en leur montrant ce qu’ils veulent voir ou en se cachant pour éviter de les provoquer. Ce qui compte c’est d’avoir le choix de faire ce que nous voulons de notre corps sans être imposées à quoi que ce soit. Comme le dit Amber Rehman, une femme voilée et féministe :

« As I became a teenager, I struggled with trying to fit in, because though I was a little feminist at heart, I was still a girl. I had the desire to be pretty, a desire to be liked for my looks. I tried very hard for many years, but I always wondered why girls had to wear less clothing to be attractive while men looked their finest in a three piece suit.  »[1]

Porter le voile est pour elle une façon de respecter les femmes en refusant de se conformer au modèle de « beauté » parfait et sexualisé des femmes que l’on voit dans les médias. C’est une façon de savoir être belle de façon plus modeste et de se faire apprécié pour ce qu’on est à l’intérieur.

Être féministe, c’est se battre pour le droit des femmes, pour qu’elles soient égales aux hommes, qu’elles soient libres de faire leurs propres choix, vivre leur propre vie et celles qui imposent une « bonne » façon de vivre aux femmes en leur disant qu’elles ne devraient pas porter le voile représentent plutôt le contraire du féminisme. Si les femmes peuvent choisir de porter le pantalon ou d’être sexy, elles doivent aussi avoir le choix de porter le voile si elles le désirent afin de pouvoir se considérer comme étant véritablement libres.



De cette façon, que l’on soit nues ou trop habillées,  l’important est que cela soit par choix. Si l’on réagit souvent à celles que l’on dit opprimées par leur voile, on devrait peut-être surtout réagir également à la façon dont les femmes se sexualisent pour les mauvaises raisons. Parce que ce qui est le plus important n’est pas ce qui se trouve sur nos têtes, mais plutôt ce qui se trouve à l’intérieur.

Question commentaires :
Sommes-nous réellement plus libres à moitié nues que voilées?  






[1] http://www.huffingtonpost.ca/amber-rehman/feminism-hijab-canada_b_2808850.html

samedi 17 mai 2014

Welcome to Burlesque




Alors que plusieurs critiquent rapidement le Burlesque, l’associant aux prostituées et une façon de montrer les femmes comme des objets sexuels, cette forme d’art est en fait un mouvement féministe permettant aux femmes de tout genre de retrouver le contrôle de leur corps et leur sexualité.

C’est un mouvement culturel inspiré des cabarets de Paris du 19e siècle tels que le Moulin Rouge et les Folies Bergères. Il s’exporte ensuite aux États-Unis où les années 40 50 correspondent à l’âge d’or du burlesque avant sa disparition dans les années 70 alors que l’érotisme est banalisé par la libération sexuelle et la légalisation des revues de nues aux États-Unis. Toutefois, dans les années 80, des images populaires des années 50 telles que les hot rods, les tatouages et les pin ups encourage le retour du Burlesque qui reviendra en force dans les années 1990 à travers les États-Unis.

C’est alors que le mouvement Burlesque commence réellement à transmettre un message, présentant des membres féministe et transgenre, et luttant contre les canons de beauté et de minceur auxquelles les femmes sont soumises en présentant différents modèles de femmes diversifiées et fières de leur corps. Les femmes ne doivent pas être montrées comme des objets sexuels mais pas non plus comme des personnes ne devant jamais se montrer séduisantes. Le Burlesque propose plutôt des artistes maîtresses de leur corps qui sont libre d’en faire ce qu’elles veulent en s’appropriant leurs atouts et en retrouvant confiance en elles, sans culpabilité. Si on les traite tout de même de putes, ce ne sont pas leur comportement que l’on doit changer (car il apporte en fait plus de bien que de mal) mais plutôt les commentaires négatifs à leur sujet qui limite les femmes sur ce qu’elles peuvent faire de leur corps et de leur vie.



Les spectacles burlesques ne présentent pas des femmes soumises aux hommes mais plutôt des femmes à la fois provocantes, glamour et indépendantes. Elles présentent un personnage de femme fatale totalement sûr d’elle, agrémenté d’une touche d’humour qui donne un nouveau sens à ce genre de numéro. Il ne s’agit pas simplement de montrer son corps mais aussi de montrer sa personnalité et se créer un personnage unique. Pour ce qui est du striptease burlesque, appelé plutôt effeuillage, n’a rien à voir avec le pole dancing et la danse contact mais garde plutôt un aspect glamour et proscrit la nudité totale. L’effeuillage ne consiste pas ici à sa vendre pour de l’argent mais est plutôt souvent, pour les artistes burlesque, un loisir et un engagement à la cause qu’elles défendent. Ce ne sont d’ailleurs pas que des hommes qui vont voir ce spectacle mais également des femmes, intéressées par l’aspect glamour et la confiance des femmes peu importe leur corps.

Ainsi, alors que présenté la femme de façon plus sexuelle a souvent été une façon de les traiter comme des objets servant seulement à combler le désir des hommes, les artistes burlesque ont su se réattribuer certaines pratiques afin de créer un mouvement artistique et féministe qui leur redonne du pouvoir et une grande confiance en elle. Si un des seuls rôles que l’on considère comme bien pour une femme est celui de la douce fille pure et gentille, le Burlesque  permet aux femmes de se libérer et de devenir ce qu’elles veulent, même si ce n'est pas la petite fille parfaite que l'on s'attendait qu'elles soient.




Question commentaires :
Et selon vous, le Burlesque est-il vraiment un mouvement féministe ou une autre façon de vendre les femmes qui paraît simplement mieux?




mercredi 14 mai 2014

Être ou ne pas être... SEXY


J’ai depuis bien longtemps aimé arborer les jupes courtes, les talons hauts, les robes fancys et un look qui se démarque. Cela ne m’a bien sûr pas évité les nombreux commentaires selon lesquels « je cherche seulement l’attention », « j’ai simplement l’air d’un objet sexuel », « je suis une victime de l’hypersexualization » et que « cette façon de s’habiller n’est pas convenable ». Être sexy est souvent considéré comme quelque chose de vulgaire, une mauvaise façon de paraître, un manque de respect envers soi-même, n’être rien d’autre que ça. Et j’avoue n’avoir en fait jamais vraiment compris pourquoi ce n’était pas une chose à faire. 

Au secondaire, je me retrouvais déjà constamment au bureau du directeur car ma jupe était encore une fois trois centimètres trop courte (vulgarité) et je ne cesse encore de trouver cette situation plutôt ridicule. De quelle façon être sexy peut-il avoir un jour véritablement fait mal à quelqu’un? (Mis à part la pimbêche qui s’enfarge dans ses beaux escarpins de 12 mètres de haut). C’est plutôt la réaction des gens face à cette façon de paraître qui a longtemps fait plus de mal que de bien. On distribue des étiquettes portant le mot « salope », on culpabilise les gens qui osent être bien avec leur corps et on impose un modèle « respectable » à suivre. J’ai bien fini par tenter ce look « qui avait de l’allure » pour finalement être bien contente de savoir oser retrouver le style que je voulais vraiment avoir et qui me faisais sentir plus libre d’être véritablement moi-même.

Les femmes ne devraient pas se sentir forcées de se vêtir de vêtements sexy pour sortir ou séduire les hommes, mais on ne devrait pas les en empêcher non plus. Condamner un certain style pour encourager les femmes à paraître comme de pures vierges sérieuses, c’est encore une fois les juger pour leur apparence et leur imposer un rôle auquel correspondre. Nous avons le droit d’être des séductrices, de faire ce que nous voulons de notre corps en nous gardant du respect et de porter un décolleté simplement parce que nous voulons porter un décolleté et non parce que nous voulons baiser le premier venu.

Se baser uniquement sur ses seins pour gagner sa vie malgré son QI de 39 c’est ne vraiment se considérer comme rien de plus qu’un objet à vendre. Ne pas croire qu’on a de la valeur si on n’est pas sexy c’est un manque de confiance en soi à corriger. Mais avoir une tête sur les épaules, s’apprécier telle qu’on est et savoir assumer notre sexualité, c’est une chose que chaque femme devrait avoir le pouvoir de faire.

Être sexy pour moi ne veut pas dire chercher l’attention pour les mauvaises raisons, essayer de me vendre ou me dire que ce sera moins compliqué de passer 15 minutes à me maquiller que d’essayer d’avoir l’air intelligente. Je m’habille chaque jour de ce que je suis et de ce que j’aime, et non de ce que les gens veulent de moi. Si je m’habillais vraiment pour avoir l’attention des hommes, autant me promener nue. Si je m’habillais pour avoir de l’attention, mon costume de lapin rose pétant a déjà eu des résultats plus concluants. C’est pourquoi je ne mérite pas d’entendre que « j’encourage une mauvaise image des femmes » comme je ne mérite pas plus les commentaires caves qui disent n’importe quoi à chaque femme qu’ils voient dans la rue. Je mets ce que je veux parce que c’est ce que j’aime voir dans mon miroir et que la première chose qui compte est que je sache m’aimer moi-même avant de me faire aimer par les autres.

On ne devrait pas nous enseigner de ne pas porter une jupe plus courte que deux pouces au-dessus des genoux, qu’une femme qui assume sa sexualité n’est pas convenable  ni qu’il n’y a qu’un bon chemin à suivre. Ce qui devrait compter c’est d’apprendre que juger les femmes comme tant le font n’améliorera pas la situation de qui que ce soit. Et qu’il faut apprendre à bâtir son propre chemin qui nous plaît plutôt que celui qu’on nous impose, qu’on désire le parcourir en talon haut ou en vieilles pantoufles.


Question commentaires :
Une femme voilée peut-elle être aussi libre qu'une femme sexy?